Immobilier : après l’embellie, l’accalmie semble se confirmer

Le rythme de croissance des constructions réellement commencées s’effrite en ce début d’année. La légère remontée des taux de crédit devrait provoquer un essoufflement des ventes et engendrer une accalmie sur les prix.

Après les ventes records enregistrées en 2017 et une forte hausse des prix, une accalmie est attendue cette année sur le marché immobilier. La légère remontée des taux des crédits à l’habitat provoquerait un léger essoufflement des ventes dans l’ancien (-1,6 %) qui se maintiendront quand même au-dessus des 900.000 unités et une petite accalmie sur les prix (+3 %), selon une étude du cabinet Xerfi. Les chiffres de mises en chantier (le nombre de constructions qui ont réellement commencé) publiés cette semaine par le ministère de la Cohésion des territoires le confirment. Elles n’ont progressé que de 4,9% sur le dernier trimestre 2017 contre un rythme de progression de 15,4% en 2017.

Cette tendance devrait se confirmer en 2019. «Le changement d’approche de l’État vis-à-vis de l’immobilier pourrait en revanche davantage peser sur le marché en 2019 avec, dans l’ancien, des transactions en repli de 1,9 % et des prix en hausse de seulement 1,7 % au niveau national», estime Xerfi. Le cabinet d’études fait notamment référence à la création d’un impôt sur la fortune immobilière qui doit inciter les Français à réorienter leur épargne vers l’économie réelle. L’État souhaite également construire davantage et moins cher, en privilégiant les simplifications administratives au détriment des aides financières directes.

Même constat en ce qui concerne le marché du neuf. Après une envolée de 15,6 % en 2017 et une hausse limitée à 1 % en 2018, les mises en chantier devraient reculer de 2,3 % en 2019, selon les experts de Xerfi. De même, les ventes des promoteurs devraient diminuer de 2,7%.

Une bonne nouvelle pour les ménages qui souhaitent acquérir un logement? Oui, mais pas complètement. Car côté crédit, Xerfi ne s’attend pas à un assouplissement des conditions d’octroi de la part des banques. «Cela ne permettra donc pas de re-solvabiliser la demande. Compte tenu du niveau plancher des taux d’intérêt, il y a fort à parier qu’ils se stabiliseront ou remonteront. D’ailleurs, les flux de crédits nouveaux commencent déjà à ralentir. Bref, le marché de l’immobilier se dirige vers un atterrissage en douceur», conclut Vincent Desruelles, analyste chez Xerfi.